POURRONS-NOUS ACHETER LA SECURITE AVEC DE L’ARGENT ?

Aux fins d’endiguer le terrorisme qui sévit dans la région très pauvre des Savanes, le gouvernement vient de décider d’y investir plus de 250 milliards de francs pour créer des infrastructures de base telles les écoles, dispensaires et autres. Cela est bien, très bien d’ailleurs, car le terrorisme recrute souvent là où il y a des citoyens qui souffrent. Mais attention: penser qu’il suffit de donner une meilleure vie matérielle aux gens pour qu’ils soient heureux et loin de céder à l’extrémisme violent, ce serait une erreur.

Regardons un peu les jeunes qui meurent presque quotidiennement dans la Méditerranée, essayant de rejoindre l’Europe. Pour traverser le désert et aller jusqu’aux portes de ce continent, il faut avoir quelques deux ou trois millions de francs CFA en poche. Cela veut dire que dans leurs pays, ces jeunes ne sont pas misérables. Ils ne sont pas non plus des plus inaptes à trouver un travail car des personnes capables de supporter la dureté de la traversée du Sahara, grimper une barrière de sept mètres de haut et atterrir sur le sol européen pour demander l’asile ne peuvent pas mourir de faim dans leur pays d’origine. Et pourtant, ils prennent le risque d’aller périr dans la mer, alors qu’ils savent très bien (contrairement à ce qu’on raconte) que l’Europe n’est pas l’Eldorado où tout le monde devient riche.

Le problème est simple: l’homme ne vit pas que de pain. Si on lui donne tout le bien matériel de ce monde mais on lui enlève liberté, respect de sa personne, dignité et fierté, il se sent mal dans sa peau, malheureux. De même, même s’il ne vit pas dans la richesse mais il se sent considéré, il est heureux. On le voit dans certaines familles riches où les enfants se révoltent et s’adonnent à la drogue ou autres.

Le souci du Togolais n’est pas à cent pour cent une question de biens matériels. Même pas à quarante pour cent! Les injustices sociales, les violences policières, les décisions administratives qui leur tombent sur la tête sans qu’ils soient consultés ou sans qu’on leur explique, la répression systématique de leurs revendications, le refus de compte rendu sur la gestion de la chose publique, le refus de dialogue etc. Voilà des choses qu’il faudra corriger et nous verrons que, non seulement les cœurs seront apaisés, mais les Togolais pourraient même se montrer très engagés à lutter pour la sécurité et le bien de ce pays. La lutte contre le terrorisme se fera en grande partie toute seule, grâce à la confiance entre les dirigeants et les citoyens et grâce à l’amour du pays qui découle de cette confiance.

 N’djo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

code

Je donne mon avis
Le sujet du mois, c'est ici!
Bonjour
Tu veux participer au forum?