UNE LEÇON D’ART DE LA GUERRE

Assimi Goita et ses compagnons sont en train d’écrire un art de la guerre à la fois asymétrique et hybride qu’il faudra enseigner un jour dans les écoles militaires d’Afrique. Deux coups d’État en l’espace de neuf mois! Le Général Napoléon Bonaparte a trouvé plus fort que lui et il semble que nos colonels maliens sont dans la lignée des grands chefs de guerre africains comme Chaka Zoulou, Soundiata Keita ou Samory Touré. Ce qui est remarquable chez les cinq, c’est leur intelligence des situations et leur sens politique qui font d’eux des hommes de terrain fiers, discrets et efficaces.

Dès leur prise de pouvoir, Assimi Goita et ses compagnons ont compris un impératif absolu: il ne fallait pas s’enfermer dans un tête-à-tête solitaire avec le pouvoir français avant de s’assurer une alliance fiable et puissante. Cet allié sera la Russie, vieille partenaire et soutien indéfectible dans les luttes anti coloniales.
Ensuite, il fallait un pacte sacré entre les cinq colonels qui paraissent aujourd’hui soudés, comme si chacun était un élément d’un tout, la clé qui ouvre la porte de la même stratégie militaire et politique.
D’autre part, les cinq colonels sont passés à un pacte entre eux et le peuple malien. Sur le plan intérieur, l’appui populaire sera donc la force psychologique et motrice pour combattre les forces étrangères et marginaliser les ‘‘traitres’’.
La voie est ainsi ouverte pour œuvrer avec courage sur le front diplomatique, et on l’a bien vu avec le discours sans concession du Premier ministre par intérim à la tribune de l’ONU où nul n’aura échappé à l’éperon des Colonels maliens.

Mais l’art de la guerre réside aussi et surtout dans la capacité d’anticiper sur le futur, l’après-soi, l’héritage, la poursuite de l’œuvre entamée. Autrement dit, il faut sécuriser la conquête d’une indépendance réelle avant la passation inévitable du relais. Mais comment rendre l’acquis irréversible et contraignant pour les successeurs, quels qu’ils soient? Poser cette problématique, c’est poser celle des institutions dont la force résidera dans l’autorité morale des hommes qui en seront les gardiens.
Heureusement que l’on compte encore des patriotes, et pas seulement des politiciens pour qui l’ancien maître est incontournable.

Max

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